On l'appelle Alger la Blanche, et le surnom se comprend dès l'approche en avion : un amphithéâtre de façades éclatantes qui dévale les collines jusqu'à une baie d'un bleu profond. Peu de capitales méditerranéennes empilent autant de strates visibles à l'œil nu. Une Casbah ottomane classée à l'UNESCO, des boulevards à arcades du XIXe siècle, une basilique perchée sur sa falaise, une mosquée contemporaine qui bat un record du monde, et à quarante minutes de route, des ruines romaines les pieds dans l'eau. Ajoutez une cuisine généreuse, des marchés bruissants, un climat clément huit mois par an et un accueil qui surprend. Alger se mérite un peu, mais elle rend au centuple. Voici les douze expériences à ne pas manquer.
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Dans cet article
- La Casbah d'Alger : se perdre dans le labyrinthe classé à l'UNESCO
- Djamaa el Djazaïr : monter au plus haut minaret du monde
- Notre-Dame d'Afrique : la basilique perchée face à la baie
- Maqam Echahid : le Monument des Martyrs et son panorama à 360°
- Le Jardin d'Essai du Hamma : le poumon vert idéal en famille
- Tipaza : les ruines romaines les pieds dans la Méditerranée
- La Grande Poste et le centre-ville : une leçon d'architecture néo-mauresque
- Le Bastion 23 : le palais des Raïs, dernier témoin du front de mer ottoman
- Le Musée national du Bardo : comprendre l'Algérie de la préhistoire aux Touaregs
- La promenade des Sablettes : le front de mer familial d'Alger
- Le Musée national des Beaux-Arts : la plus grande collection d'art d'Afrique
- Marchés et pâtisseries : goûter Alger, de la chorba aux makrouts
1/12La Casbah d'Alger : se perdre dans le labyrinthe classé à l'UNESCO

Accrochée à la colline face à la baie, la Casbah déroule un dédale de ruelles en escalier, de passages voûtés et de maisons ottomanes aux patios de faïence. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992, elle condense cinq siècles d'histoire, de la citadelle des deys aux mémoires de la guerre d'indépendance. N'y entrez pas à l'aveugle : les repères sont rares et les impasses nombreuses. Passez par un guide local agréé — comptez 2 000 à 3 000 DA pour deux à trois heures — qui vous ouvrira des palais restaurés comme Dar Hassan Pacha ou Dar Aziza. Chaussez des semelles antidérapantes, les pavés sont polis et les pentes raides. Le matin, entre 9 h et midi, la lumière rase les façades blanches pendant que le quartier s'anime : c'est le meilleur créneau. Ressortez par la place des Martyrs, desservie par le métro.
2/12Djamaa el Djazaïr : monter au plus haut minaret du monde

Inaugurée en 2020 sur le front de mer de Mohammadia, la Grande Mosquée d'Alger impressionne par ses chiffres autant que par ses lignes : un minaret de 265 mètres, le plus haut du monde, une salle de prière de deux hectares et une esplanade ouverte sur la baie. L'ensemble, dessiné par l'agence allemande KSP Engel, marie géométrie contemporaine et motifs andalous, avec des plafonds à caissons et une coupole de cinquante mètres. Les visiteurs non musulmans sont accueillis en dehors des heures de prière, tenue couvrante exigée et chaussures retirées à l'entrée. L'ascenseur du minaret dessert un belvédère et un petit musée d'art et d'histoire : la vue sur Alger et la Méditerranée y est la plus large de toute la ville. Prévoyez une heure trente, et venez en fin d'après-midi pour la lumière dorée sur le marbre blanc.
3/12Notre-Dame d'Afrique : la basilique perchée face à la baie

Posée sur une falaise de 124 mètres au-dessus du quartier de Bologhine, cette basilique néo-byzantine achevée en 1872 offre l'un des points de vue les plus spectaculaires d'Alger. Son architecture mêle coupole argentée, arcs mauresques et mosaïques dorées ; à l'intérieur, la célèbre inscription de l'abside, « Notre-Dame d'Afrique, priez pour nous et pour les musulmans », résume à elle seule l'histoire singulière du lieu. Restaurée pendant cinq ans et rouverte en 2010, elle se visite gratuitement, généralement de 8 h à 12 h et de 14 h 30 à 17 h 30 ; une tenue correcte est demandée. Depuis le centre, comptez une vingtaine de minutes en taxi par la corniche, ou empruntez le téléphérique de Bologhine, plus pittoresque. Venez en fin de journée : le soleil bascule derrière la mer et la baie entière s'embrase.
4/12Maqam Echahid : le Monument des Martyrs et son panorama à 360°

Impossible de manquer cette silhouette de béton de 92 mètres qui domine Alger depuis les hauteurs d'El Madania : trois palmes stylisées se rejoignant au sommet, érigées en 1982 pour le vingtième anniversaire de l'indépendance. Au pied de chacune veille la statue d'un combattant, et une flamme éternelle brûle sous la voûte. Le site est ouvert tous les jours et l'accès à l'esplanade est libre : c'est de là qu'on embrasse d'un seul regard la baie, le port, la Casbah au loin et les collines. Sous le monument, le Musée national du Moudjahid retrace la guerre d'indépendance à travers photographies, armes et documents, pour une entrée modique. Reliez ensuite le site au Jardin d'Essai en contrebas par le téléphérique du Hamma : quelques minutes de descente qui valent à elles seules le détour.
5/12Le Jardin d'Essai du Hamma : le poumon vert idéal en famille

Créé en 1832, ce jardin botanique de 58 hectares est l'un des plus riches d'Afrique, avec quelque 1 200 espèces venues des cinq continents. On y vient pour l'allée des dracænas et la fameuse allée de palmiers, si photogénique qu'elle servit de décor à des scènes de Tarzan dans les années 1930. Les enfants adorent : allées plates et ombragées, bassins à nénuphars, aires de jeux, petit zoo perché sur la hauteur et vue plongeante sur la baie depuis le haut du parc. L'entrée reste très abordable, autour de 150 DA avec tarif réduit pour les enfants, et le jardin ouvre en général de 9 h à 17 h, plus tard en été. Prévoyez deux heures, de l'eau et un chapeau : l'ombre est généreuse mais les midis d'été tapent fort. Le Musée des Beaux-Arts se trouve juste au-dessus.
6/12Tipaza : les ruines romaines les pieds dans la Méditerranée

À 70 kilomètres à l'ouest d'Alger, Tipaza offre l'une des plus belles excursions à la journée de toute la Méditerranée : un site archéologique classé à l'UNESCO où basiliques, thermes, villas et théâtre romain s'égrènent au bord de l'eau, entre pins parasols et falaises basses. Albert Camus y a écrit quelques-unes de ses plus belles pages, et l'on comprend pourquoi dès les premiers pas sur le decumanus. Complétez la visite par le Mausolée royal de Maurétanie, énorme tumulus de pierre visible à une quinzaine de kilomètres. Comptez une heure quinze de route par l'autoroute, environ 300 DA d'entrée et une ouverture de 9 h à 17 h. Le printemps est la meilleure saison : les ruines disparaissent sous les fleurs sauvages. Emportez chapeau, eau et crème solaire, l'ombre est quasi inexistante sur le site.
7/12La Grande Poste et le centre-ville : une leçon d'architecture néo-mauresque

Le cœur moderne d'Alger se parcourt à pied, et il commence devant la Grande Poste, chef-d'œuvre néo-mauresque de 1910 dont la façade à arcs outrepassés et l'immense hall à coupole méritent qu'on pousse la porte — l'intérieur, avec ses stucs ciselés et ses guichets d'origine, est toujours en service. De là, remontez la rue Larbi Ben M'hidi et le boulevard Zighoud Youcef, dont les arcades blanches courent sur près de deux kilomètres au-dessus du port. Vous croiserez le Théâtre national algérien, l'hôtel Safir et une succession d'immeubles haussmanniens réinterprétés sous le soleil. Le quartier se prête aux flâneries de fin d'après-midi, quand la chaleur retombe et que les terrasses de pâtisseries se remplissent. Le métro, propre et efficace, dessert la place de l'Émir Abdelkader à deux pas ; le ticket coûte autour de 50 DA.
8/12Le Bastion 23 : le palais des Raïs, dernier témoin du front de mer ottoman

En contrebas de la Casbah, face au port, le Bastion 23 est l'ultime vestige du quartier de la Marine détruit au XIXe siècle. Cet ensemble de trois palais ottomans et de six maisons de pêcheurs, bâti à partir de 1576, a été patiemment restauré et transformé en Centre des arts et de la culture. On y traverse des patios à colonnes torsadées, des galeries de faïence bleue et blanche, des salles à plafonds de cèdre peint, avec la mer qui apparaît par les fenêtres basses. Les expositions temporaires d'art contemporain et d'artisanat algérien y sont souvent excellentes. L'entrée est symbolique, moins de 200 DA, la visite dure une heure et le site ouvre du samedi au jeudi, généralement de 9 h à 16 h 30. C'est l'endroit le plus paisible du centre : peu de monde, beaucoup d'ombre, et une vue rare sur la rade.
9/12Le Musée national du Bardo : comprendre l'Algérie de la préhistoire aux Touaregs

Installé dans une villa ottomane du XVIIIe siècle entourée d'un jardin planté d'orangers, le Bardo est le musée le plus attachant d'Alger — et le plus utile pour donner du sens à tout le reste. Ses collections couvrent la préhistoire saharienne, avec outils, moulages de gravures rupestres du Tassili n'Ajjer et vestiges osseux, puis l'ethnographie des grandes régions du pays : bijoux d'argent kabyles, tapis, costumes, instruments et objets touaregs. Le bâtiment lui-même vaut la visite, avec son patio à galeries, ses colonnes de marbre et ses plafonds peints. Le musée se trouve dans le quartier de Mustapha, à dix minutes à pied de la Grande Poste. Comptez une heure trente, une entrée autour de 200 DA et une ouverture du dimanche au jeudi, de 9 h à 17 h. À faire idéalement en début de séjour.
10/12La promenade des Sablettes : le front de mer familial d'Alger

Réaménagée sur près de sept kilomètres entre Hussein Dey et la Grande Mosquée, la promenade des Sablettes est devenue le rendez-vous des familles algéroises. On y trouve une longue plage de sable surveillée en saison, des pelouses, des aires de jeux, des pistes cyclables, un parc d'attractions et des kiosques de glaces et de sandwichs. La promenade est plate, accessible en poussette et parfaitement adaptée aux enfants. Le meilleur moment reste la fin d'après-midi : la chaleur retombe, les cerfs-volants sortent et le soleil descend derrière la baie. Une réserve sanitaire toutefois : la qualité de l'eau varie selon les secteurs et les périodes, et les courants peuvent surprendre. Baignez-vous uniquement dans les zones surveillées et signalées, et renseignez-vous auprès des maîtres-nageurs. L'accès est gratuit et le tramway dessert directement le site.
11/12Le Musée national des Beaux-Arts : la plus grande collection d'art d'Afrique

Dominant le Jardin d'Essai depuis 1930, ce grand bâtiment blanc abrite près de 8 000 œuvres, ce qui en fait la plus importante collection d'art du continent africain. Le parcours va des maîtres européens — Renoir, Monet, Corot, Delacroix, Fragonard — aux orientalistes qui ont peint l'Algérie, puis aux grands modernes algériens comme Mohammed Racim, maître de la miniature, Baya ou M'hamed Issiakhem. Les salles de sculpture et le cabinet d'estampes complètent l'ensemble. Les lieux sont vastes, calmes, souvent presque déserts, et l'escalier monumental donne sur la baie. Comptez une heure trente, une entrée autour de 200 DA et une ouverture du dimanche au jeudi, de 9 h à 17 h. Combinez la visite avec le jardin en contrebas : quelques marches suffisent pour passer de l'un à l'autre.
12/12Marchés et pâtisseries : goûter Alger, de la chorba aux makrouts

Aucune visite n'est complète sans une plongée dans les marchés. Le marché Ali Mellah, dit marché Clauzel, empile agrumes, olives, dattes deglet nour, épices et herbes fraîches dans un vacarme joyeux ; celui de Bab El Oued déborde de poissons de la baie au petit matin. Autour, les gargotes servent la chorba frik, la chakhchoukha, les bourek croustillants et le fameux sandwich garanti — frites, œuf, harissa — pour à peine 200 DA. Réservez ensuite une pause sucrée : les pâtisseries du centre alignent makrouts au miel, kalb el louz, baklawa et zlabia, à accompagner d'un thé à la menthe ou d'un café bien serré. Venez le matin pour les marchés, plus animés et mieux approvisionnés, et gardez de la monnaie sur vous : les cartes bancaires sont rarement acceptées hors des grands établissements.
