Ce que la bascule du 25 octobre change — et ce qu'elle ne change pas
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin il sera 2 heures. C'est la date la plus précoce possible : la directive européenne fixe la bascule au dernier dimanche d'octobre, et comme le 31 tombe un samedi, le couperet avance au 25. Le passage est simultané dans toute l'Union, à 1 heure UTC.
Même jour, autre calendrier : le 25 octobre ouvre aussi la saison aérienne hiver, qui court jusqu'au 27 mars 2027. L'avis de la FAA publié au Federal Register en juin 2026 cale explicitement la saison américaine sur cette période IATA. Les deux événements tombent ensemble, et c'est ce qui brouille la lecture des itinéraires.
Un point à retenir avant tout le reste : les heures imprimées sur votre billet sont des heures locales, et le changement d'heure ne les bouge pas d'une minute. Ce qui bouge, c'est le calcul que vous faites de tête : l'écart entre deux villes, la marge que vous croyez avoir pour une correspondance, l'heure à laquelle vous demandez à quelqu'un de venir vous chercher.
La semaine où le transatlantique se calcule faux
L'Europe recule ses horloges le 25 octobre. Les États-Unis et le Canada attendent le 1er novembre, à 2 heures locales. Entre les deux, sept jours pendant lesquels l'écart habituel n'est plus le bon.
Paris–New York : cinq heures au lieu de six
Du 25 octobre au 1er novembre, Paris est à UTC+1 quand New York reste à UTC−4 : l'écart tombe à cinq heures, et non les six que tout le monde a en tête. Londres–New York passe de cinq à quatre heures sur la même fenêtre. Rien d'anormal côté compagnies, qui ont construit leurs horaires avec ce décalage ; le problème est pour tous les calculs faits à la main.
Le risque se concentre sur les billets séparés
Sur un billet unique, la marge de correspondance a été validée par le transporteur contre le temps de connexion minimum de l'aéroport — ce MCT dont l'IATA publie la troisième édition 2026, couvrant plus de 400 aéroports et environ 83 % des connexions mondiales. Vous n'avez rien à recalculer, et si la correspondance saute du fait du transporteur, le réacheminement lui incombe. Sur deux réservations distinctes, l'arbitrage du créneau est le vôtre : une marge estimée de mémoire peut se révéler fausse d'exactement une heure, et un second billet non présenté est généralement perdu.
Les pays qui ne changent pas d'heure : l'écart bouge quand même
Maroc : le décret de septembre a tout rebattu
C'est l'actualité la plus concrète de l'automne pour un voyageur vers le Maghreb. Le décret n° 2.26.530 a mis fin au GMT+1 permanent institué en 2018 : le 20 septembre 2026 à 2 heures du matin, le royaume est revenu à l'heure GMT, et l'exception qui s'appliquait pendant le Ramadan disparaît avec ce régime. Conséquence arithmétique : entre le 20 septembre et le 25 octobre, l'écart Paris–Marrakech est de deux heures ; à partir du 25 octobre, il retombe à une heure. Huit années de repères ne valent plus.
Turquie, Australie : deux sens opposés
La Turquie est restée en UTC+3 toute l'année depuis 2016, ce qui ne rend pas l'écart stable pour autant : il passe d'une heure à deux heures avec la France le 25 octobre. Dans l'hémisphère sud, les mouvements s'additionnent — Sydney est passée à l'heure d'été le 4 octobre, portant l'écart avec Paris à neuf heures, puis à dix heures le 25 octobre. L'Algérie et la Tunisie, elles, restent sur un fuseau fixe toute l'année.
Les quatre vérifications à faire sur votre itinéraire
- Relire l'heure, pas la durée. L'heure locale de départ et d'arrivée publiée par la compagnie est la seule référence.
- Vérifier l'écart à la date du vol. Pas celui du jour où vous réservez : celui qui s'appliquera au départ, en tenant compte des deux bascules, le 25 octobre et le 1er novembre.
- Rouvrir sa réservation après le 25 octobre. Le changement de saison est aussi le moment où les horaires sont réajustés. Un décalage significatif — souvent apprécié autour de deux heures, ou l'ajout d'une correspondance — ouvre droit chez la plupart des transporteurs à un report gratuit ou à un remboursement.
- Traiter le trajet terrestre à part. Train, navette, parking réservé : chaque opérateur gère la nuit de la bascule à sa manière.
La nuit du 24 au 25, l'heure qui existe deux fois
Entre 2 heures et 3 heures du matin, les horloges locales parcourent deux fois la même plage. Les transporteurs évitent en général de programmer des départs dans cette fenêtre, mais si votre vol décolle dans la nuit ou atterrit juste après, ne vous fiez qu'à l'horaire publié : un appareil en vol au moment de la bascule affiche une durée apparente raccourcie d'une heure sans voler une minute de moins.
En famille, l'heure gagnée est une ressource
La nuit du 24 au 25 octobre dure vingt-cinq heures. Pour un départ matinal le dimanche ou le lundi, c'est une heure de sommeil rendue, et sans doute le seul moment de l'année où un vol tôt coûte un peu moins cher en fatigue. Avec de jeunes enfants, décaler repas et coucher de quinze à vingt minutes par jour sur les trois ou quatre jours qui précèdent lisse la transition mieux qu'un recalage brutal le dimanche matin. Sur un long-courrier, la règle ne change pas : on se cale sur l'heure d'arrivée dès l'embarquement, on s'hydrate — l'air de cabine est très sec et l'alcool aggrave la déshydratation — et on cherche la lumière du jour en arrivant.
Le dossier européen, toujours à l'arrêt
Cette gymnastique devait disparaître. La Commission a proposé en 2018, avec le document COM(2018) 639, d'abroger la directive 2000/84/CE et de mettre fin aux changements saisonniers. Le Parlement européen a voté pour en mars 2019, par 410 voix contre 192 et 51 abstentions. Le texte attend depuis une position du Conseil, faute d'accord entre les États sur l'heure à conserver. Le sujet a été relancé à l'automne 2025 par l'Espagne, soutenue par la Finlande et la Pologne, mais même un accord rapide ne produirait pas d'effet avant 2027 ou 2028. D'ici là : deux bascules par an, et une semaine de désynchronisation avec l'Amérique du Nord à chaque automne.
